Mont Fuji 富士山 – Hakone 箱根町

Le Mont Fuji est un endroit sacré, un lieu de pèlerinage. On pourrait croire que le Mont Fuji se traduit par Fuji yama (« montagne ») or ne vous trompez pas : les japonais l’appellent Fuji san.

L’ascension du Mont Fuji se fait en été, de Juillet à Août, avec des points de départ à différentes altitudes. Malgré l’affluence, ne vous méprenez pas : l’ascension n’est pas simple, l’oxygène peut manquer et les températures varier grandement. La montée peut s’avérer dangereuse en dehors de ces période car pas surveillée. En été, les chemins de randonnée sont souvent bouchés. Vous trouverez des refuges entre la 5ème et la 8ème station. Ce ne sont que des infos générales, nous n’avons pas grimpé le Mont Fuji.

Voici donc deux solutions pour ceux qui ne veulent pas grimper ou ne partent pas en été. La région de Fuji go ko (les cinq lac de Fuji, au Nord-Est de Fuji san) vous permet d’avoir des vues magnifiques et proches du Mont Fuji tout en restant préservé de la foule. Cette option demande que vous lui consacriez au moins deux journées : si  vous avez le temps, n’hésitez pas.

La région de Fuji go ko a été notre premier choix mais vu le temps que demandent les transport ainsi que les visites sur place nous nous sommes rabattus sur la région d’Hakone, au Sud du Mont Fuji. L’endroit est plus touristique mais le lac Ashi donne une vue magnifique sur le Mont Fuji. Il est assez facile de s’y déplacer et vous trouverez pas mal de choses, touristiques, à y faire : balades, attractions, musées, onsen…

Accès

Kamakura-Odawara (un changement à Fujisawa ou Ofuna) entre 1h et 1h30, entre 740¥ et 850¥ en fonction du changement.

A Odawara nous avons pris le Hakone Tozan Railway, un chemin de fer magnifique lors de la floraison des hortensias. Vous pourez aller à Miyanishita ou à Gôra par cette voie. Nous avons pris le Hakone Free Pass à Odawara pour les deux jours (3900¥).

Voici une carte du réseau de bus pouvant vous être très utile.

Hébergement

Nous sommes resté au B&B Pension Hakone. C’est l’option la moins chère (environ 25 euros par personne) que nous ayons trouvé. La région d’Hakone est très touristique, il faut donc réserver à l’avance. Le petit déjeuner est compris, douches communes ou onsen. Les chambres sont propres, mais c’est sans charme et assez difficile d’accès. Depuis l’arrêt de bus (Kowakien, ligne H-rouge- ou Y-bleue- sur le plan) il faut monter sur la droite en contournant un hôtel et marcher 15 bonnes minutes en pente avant de trouver l’hôtel.

Vous aurez d’autres options comme l’auberge Moto-Hakone Guesthouse et Fuji Hakone Guesthouse gérées toutes deux par la même famille. Ces adresses sont très prisées, réservez à l’avance!

Ce que nous avons fait

  • Hakone Round Course

Nous avons suivi un itinéraire proposé par le site Japan Guide qui permet de faire une boucle entre Hakone-Yumoto et Hakone-Machi en passant par Ashino-ko. Le plus de cet itinéraire c’est qu’il est divisé en plusieurs moyens de transport : train, funiculaire, bateau. Pour plus de détails c’est ici. Pour ce circuit il est intéressant de prendre le Hakone Free Pass depuis Shinjuku ou Odawara.

Comme nous devions aller dans la région des cinq lacs, je n’ai pas trop pris le temps de faire un circuit personnalisé. Ajouter à ça le mauvais temps (froid, nuage, pluie = pas de Mont Fuji), et ce fut l’étape la moins intéressante du voyage. De plus la meilleure période pour y aller est lors de la floraison de Hortensias, ou du moins quand la nature se fait verdoyante, sinon c’est triste.

De Gôra à Sôun-zan

La première étape est donc Gôra : rien d’intéressant. Des boutiques de souvenirs qui bordent la gare mais rien de plus. De là vous prenez le cable-car qui pourra s’arrêter au Museum en plein air d’Hakone qui vaut apparemment le détour malgré son prix d’entrée élevé. Une balade le long des rails mènent au Hakone Gôra kôen. Gratuit avec le pass, vous pourrez vous balader dans un jardin de pierre mais aussi visiter des serres tropicales. Pour ceux intéressés par la poterie un musée d’Art d’Hakone vous y attends. Pressés par le temps, nous avons passé ces deux visites et nous sommes monté à Sôun-zan.

Sôun-zan à Togendaï

Vous serez donc à 1153m d’altitude dans des montagnes qui sentent le souffre. C’est l’attraction du sommet : on achète des oeufs noirs cuits dans le souffre, on se perd dans les vapeurs, on suit des sentier avec une foule d’autres touristes venus humer l’odeur nauséabonde de ce lieu. Les points d’eau avoisinent les 90°C. Leur couleur, comme celle de la montagne est profonde : du bleu gris sur une roche orange de souffre. On a mangé nos oeufs puis on a filé prendre le funiculaire qui nous descendait au port d’Ashino-ko.

Togendaï à Ashino-ko

Une rencontre qui a égaillée notre journée froide et ennuyeuse : trois copines d’une cinquantaine d’années! Voyant des étrangers parler français l’une d’elle nous aborde en anglais. On discute dans notre cabine de verre à je ne sais combien de mettre du sol. L’approche du lac est jolie mais à défaut de voir Fuji-san, on papote avec ces trois copines du lycée. Elles nous conseillent des choses, des visites, elles sourient tout le temps. Arrivés en bas elles nous font courrir sur le quai du port pour qu’on soit dans le même bateau.

Ashino-ko

La traversée du lac se fait donc en bateau, du Togendaï à Hakone-Machi ou Moto Hakone, deux villes portuaires escales. Et quel bateau! Un truc à plusieurs étages aux couleurs flamboyantes, une réplique de film tellement brillante qu’on dirait du faux. Amusés, on court pour rattraper les trois femmes. On rentre vite car le vent nous glace. Le temps se dégage, et il est vrai que la vue sur ce lac, c’était à voir. Si le Mont Fuji avait été là ça aurait été parfait : étendues d’herbes ocres, anciennes demeures bleues et marron, eau glaciale, et montagne de souffre en second plan. Le bateau est plein, des photographes en habits d’époque passent, on se sent piégés comme des touristes. Puis, j’aperçois ce fameux torî dans l’eau, ce cliché du Japon normalement coiffé de la célèbre montagne au pic enneigé. Je sautille partout, je veux m’approcher, nager dessous, refaire le cliché. Nos amies descendent à Moto-Hakone, nous à Hakone-Machi. Après une séance photo et de grands merci et bon voyage, on se sépare.

Hakone-Machi à Moto-Hakone

Séduit par notre guide, nous nous arrêtons à Hakone-Machi pour rejoindre Moto-Hakone par la Suginamiki. Ce chemin, vestige de l’ancienne route du Tokkaido, relie les deux villes. Il y a près de 400 ans, 400 Cryptomerias y ont été planté. Cette vieille route est dans les arbres : on fonce. Sans doute à cause du temps, et pourtant les photos de cette route dans la brume sont magnifiques, nous avons été déçu. Peut être parce nous nous attendions à quelque chose de plus impressionnant, peut être parce que cette journée avait été morose, le charme n’a pas opéré. Pourtant ces cèdres nous ont plusieurs fois impressionnés : à Nashi, à Hongû ou encore à Nikko.

Pour prendre ce chemin, en sortant du bateau, prenez à gauche sur la route principale. Puis vous devrez prendre encore à gauche avant que la route ne monte et ne s’enfonce dans les arbres. C’est une route bordés de boutiques de souvenirs. La reproduction du poste d’avant garde qui précède l’entrée du chemin nous a vivement été recommandé.

  • Hakone-jinja (9h-16h / gratuit : pavillon du trésor 500¥)

Une fois à Moto-Hakone, on va vers le Hakone-jinja : le torî géant dans l’eau vient de ce temple. Il faut traverser la ville (ce n’est pas très grand). Le sanctuaire est dans les cèdres. Nous voyons notre premier arbre entouré d’une corde : un kami y vit. Je suis époustouflée de voir ça en vrai. Une demeure de kami. On accède au sanctuaire en montant et au torî en descendant vers le lac. Le soleil encore capricieux nous a pourtant suivi. De jeunes japonaises étaient devant. Comme si ce paysage était banal à leur yeux, elle rigolaient en regardant leur téléphone. Moi je voulais rester ici, voir toutes les teintes de lumières qui inondaient le lac et le portail vermillon, attendre de voir les esprits y passer. Ce moment a réchauffer la journée.

  • Minayoshita

Après cette excursion, nous avions un peu de temps, nous avons donc prit un bus pour aller visiter Minayoshita. Un petit village dans la montagne, en pente. Il y a quelques boutiques d’antiquaires le long de la route principale et surtout, le Fujiya Hotel. Construit fin du 19è siècle, cet hôtel est un des premier construit dans le style occidental. En suivant les conseils du guide, nous sommes allé le visiter et y boire le thé : idéal après le froid de cette journée. La clientèle est riche, tout est soigné et vous serez pris en charge à la minute où vous poserez le pied à l’intérieur. Le thé se boit dans une salle en longueur, avec une vue sur un joli jardin japonais. Le jardin s’étend au delà et vous pourrez même visiter les serres tropicales (avant 17h). La balade dans ce petit parc aménagé est très agréable et vous aurez vu sur une partie de la vallée. Le thé est délicieux et cher, les pâtisseries passables. Mais, en tant que voyageur à budget modeste voir restreint, nous n’avions jamais vu un tel luxe! N’hésitez pas!

Si vous devez repartir en train, la gare est difficile à trouver. Il faut redescendre la route principale jusqu’à ce que vous voyez une ruelle sur votre droite. Cette ruelle fait tout de suite un virage à gauche et remonte. Vous verrez un petit restaurant qui a l’air très accueillant sur votre gauche avant d’arriver sur le quai. Je suis désolée du peu d’informations, un homme a loupé son bus pour nous indiquer la voie, et j’étais plus occupée à suivre son allure vive qu’à regarder les panneaux!

Finalement, c’est le lendemain matin que nous avons pu apercevoir le Mont Fuji. En voyant que le soleil était revenu en nous levant, nous avons repoussé le train que nous devions prendre pour retourner à Moto-Hakone. Entre deux nuage, nous avons pu voir le sommet enneigé de cette montagne magnifique. C’est surement tout ce que l’on entends sur ce pic, c’est surement le mythe qu’en ont fait les japonais, c’est surement à cause de l’attente… mon coeur c’est soulevé en le voyant.

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