Keiishiro Hirano : qu’est-ce qu’être soi?

Voici ce que j’ai retenu de l’interview sur France Culture de l’écrivain Keiishiro Hirano.

Petit biographie pour commencer… merci Wikipedia!

téléchargement« Né le 22 juin 1975 dans la préfecture d’Aichi, Hirano Keiichirō cultive une langue rare et riche, incorporant parfois des éléments archaïques. Il revendique ouvertement l’influence de Mircea Eliade et surtout celle deYukio Mishima.

Il a reçu en 1999 le prix Akutagawa (équivalent du prix Goncourt en France) pour Nisshoku (L’Eclipse), devenant alors le plus jeune auteur récompensé par ce prix. 400 000 exemplaires du livre ont été vendus. La même année, Hirano Keiichirō a publié son deuxième roman Ichigetsu Monogatari, Conte de la première lune. Francophone, il a passé un an en France, en 2005, en tant qu’ambassadeur culturel. Son éditeur en France, les Éditions Philippe Picquier, a publié en avril 2007 La dernière Métamorphose, une variation mélancolique sur La Métamorphose de Kafka. »

Qu’est ce qu’un individu au Japon?

Au Japon, on répond à « Qui êtes vous? » en donnant son métier. Un peu comme en France… avec le prénom en plus! La culture de l’emploi à vis est toujours présente, c’est donc un marqueur d’identité important : c’est l’identité sociale. Le choix de l’entreprise ou du lieu de travail est donc primordial. La crise économique qui est présente depuis 1990 rend ce choix encore plus complexe car les places manquent. C’est ainsi que l’écrivain partage cette difficulté avec ses lecteurs, confrontés eux aussi à ces questions.

La notion d’individu est arrivée au Japon à l’ère Meiji de l’étranger. Le Japon est autant bouddhiste que shintoïste. Dans le bouddhisme au Japon la notion d’individu surplombant les relations multiples de tout ce qui existe n’existe pas. Selon la définition européenne, la racine latine de l’individu signifie ce qu’on ne peut séparer. Cette notion est sans doute apparue avec le christianisme avec la relation d’un être à un Dieu unique. L’entité indivisible qu’est l’individu aura une signification juridique et responsabilisante. C’est ça qui est arrivé au Japon. Ce pays ne connait pas de religion monothéiste. C’est donc en opposition à la nation et non à un Dieu que la notion d’individu a émergée. Dans la vie courante, les japonais ont une panoplie de visage en fonction des autres. Il se crée donc une tension entre l’individu par rapport à la nation et l’individu aux « multiples êtres ».20130803_125347

On a donc une opposition entre kojin 個人, l’individu et bunjin 分人 (kanjis supposés car c’est un néologisme) composés de la personne 人et du kanji de la moitié, de la part 分 : l’individu au pluriel.

Les gens éprouvent une réelle fatigue face à la recherche et au questionnement de ce qu’ils sont. Chacun a autant de personnalités que d’expériences. Le soi serait donc la somme de ces expériences. Chaque personnalité a sa place, occupant une part de soi de manière proportionnelle aux autre mais aussi aux relations et à l’évolution au cours du temps. Une peut prendre plus de place en grandissant, alors qu’une autre se fait plus petite. Il est donc difficile de verbaliser toutes ces personnalité qui forment l’entité.

Hikikomori 引き篭り et suicide au Japon

Les hikikomoris sont apparus  avec la génération de l’écrivains. Trouver une identité sociale est de plus en plus dur, c’est donc une réaction à cette difficulté que de s’isoler complètement d’un monde dans lequel on n’a aucune place. L’exclusion de la part société suit l’absence de travail et donc de cercle social et donc d’identité propre. Grâce à internet on peut continuer à avoir un lien, certes virtuel et anonyme mais cela reste une ouverture vers le monde.

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La première cause de mortalité chez les jeunes au Japon est le suicide : contraintes économique, isolement social, maladie, brimades à l’école ou dans l’entourage… Souvent ces raisons s’ajoutent les unes aux autres, aboutissant au suicide. La société contemporaine ne permet pas aux jeunes de nourrir leur imagination pour tendre vers une vie épanouissante, intéressante. La différence entre ceux qui parvienne t à trouver une place et ceux qui n’y arrivent pas est de plus en plus forte.

Dans son prochain roman (sortie d’ici un an en France), l’intrigue se passe au Japon où les morts reviennent à la vie. Ils reprennent leur vie, leurs activités dans le monde des vivants. Le personnage principal rentre chez lui et sa femme lui annonce qu’il est mort il y a trois ans, qu’il s’est suicidé. Il réfute cette théorie et pense que son suicide masque un assassinat. Il va tenter de trouver son assassin en remplissant les blancs de sa mémoires.

Le lien vers l’émission est ici.

Soucres : https://fr.wikipedia.org/wiki/Keiichir%C5%8D_Hirano http://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/japon-47-hirano-keiichiro-au-japon-la-notion-dindividu-nexiste-pas /

Photos : http://www.shinnoguchiphotography.comhttp://tokyolitfest.com/en/participants.php

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