De l’autre côté de la porte

Ce film traite d’un sujet peu abordé au Japon : l’hikikomori. Hikikomori 引き篭り veut dire l’enfermement, le retrait. Ce phénomène touche des jeunes, majoritairement des garçons, très souvent les aînés.

On suit la vie d’une famille vivant en banlieue de Tokyo et dont l’un des membres, Hiroshi, décide de ne plus sortir de sa chambre, du jour au lendemain.

Ces personnes s’isolent dans leur chambre pendant parfois plusieurs années. Ils ne sortent pas, ne communiquent pas, vivent totalement reclus au sein de leur famille.

Ils étaient 230 000 en 2010. Ils ne savent souvent pas expliquer pourquoi. Il est juste plus simple pour eux de se couper du monde que d’y marcher à la vue de tous. Plusieurs explications viennent alors. Une société compétitive, le peu de place laissé à l’individu, un père absent car surmené par le travail, un système scolaire rude…

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Le réalisateur, Laurence Thrush, s’est basé sur les témoignages qu’elle a entendu, de familles, de jeunes « enfermés », ou de ceux qui tiennent des centres d’aide pour ces personnes. M. Sadatsugu Kudo est l’un d’entre eux. Il joue son propre rôle dans ce film. Il intervient auprès des familles, aide ceux qui vivent reclus à sortir de leur enfermement en leur offrant une chambre dans un institut où on les jugent pas. Ils réapprennent à vivre en société, à éprouver le goût des choses qu’ils avaient perdus.

Les acteurs de ce film ne sont pas professionnels. Ils ont tous un lien avec le phénomène de l’hikikomori. Kenta, qui joue le rôle d’Hiroshi, a vécu l’enfermement volontaire.

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Tout au long du film, en noir et blanc pour permettre de prendre du recul en tant que spectateur, la caméra est posée, les plans fixes ne tentent pas de suivre un visage ou un regard. Cela donne le sentiment que ce que l’on voit se passe réellement. Tout le film donne cette impression, comme ci on était réellement les témoins d’un drame familial. Aucun jugement n’est porté, aucune explication n’est donnée, on est face aux émotions cachées, incompréhensibles, d’une mère qui est impuissante, d’un jeune frère qui essai de trouver sa place pendant que son aîné, la porte à côté, disparaît volontairement, d’un père qui décide le silence face aux vagues que créeraient le fait de demander de l’aide. Tout se passe comme ça se passerait si c’étaient la porte à côté, par bribe, et les vides sont à créer par l’imagination. Cela nous rend, spectateurs, plus proches des personnages que l’on comprends sans trop savoir pourquoi.

Il est rare de tomber face à un film qui montre, d’une très belle manière, sans chercher à justifier les regards, les relations, les décisions.

Le noir et blanc et le calme du film a rendu le retour à la ville très dur! Voici une des seules musiques que vous entendrez dans le film, discrète, puissante, aérienne, de Pan American.

Ce film est encore projeté à l’Utopia Toulouse, mais les séances se font rares!

Je vous invite a lire l’interview du réalisateur sur le site de commeaucinéma.com. Une émission de France Inter développe le sujet, avec l’intervention de Laurence Trush : podcast.

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Sources : commeaucinema.com / wikipedia

Photos : les inracks / youtube

 

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